La Chine préside le Conseil de sécurité de l’ONU ce mois de 2026. Un moment capital pour l’avenir de l’humanité, tellement le contexte international est bien particulier. 

La ligne de politique étrangère de Xi Jinping, président de la République populaire de Chine s’articule autour des questions de sécurité ainsi que sur le rôle proéminent de cet Empire du Milieu dans les affaires internationales. La présidence tournante de la Chine actée à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU en mai 2026, arrive à un moment crucial, car la Chine est de plus en plus active sur la scène internationale. 

La Chine devra composer sa vision de vouloir d’une réforme en profondeur de l’ordre international et l’engagement dans une concurrence idéologique ouverte avec l’Occident, ainsi que la prise en charge de sa responsabilité dans la gestion des  affaires du monde. Un ordre mondial multipolaire, un Sud-global renforcé et la souveraineté des États, tel est, selon la logique chinoise, le chemin idoine pour stabiliser un monde où priment l’instinct de la force, la course à l’armement tous azimuts, bouleversant ainsi les équilibres mondiaux.

Ainsi, la présence de la Chine à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU peut-elle être l’amorce de temps nouveaux en matière de relations internationales?

Depuis le 1er mai 2026, la Chine a officiellement pris la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) pour le mois de mai. Une occasion pour M. Fu Cong, ambassadeur et représentant permanent de la Chine auprès de l'ONU, de dévoiler la stratégie de son pays la Chine en matière de sécurité et de développement des relations internationales. Son programme se décline  en  trois volets prioritaires,  notamment redynamiser l’organisation des nations unies(ONU), résoudre par des voies pacifiques la crise au Moyen-Orient ( Iran, Israël, Liban, etc…) et  soutenir le développement d’une Afrique assimilée au Sud global, soit l’ensemble des pays  qui s'accordent désormais sur un point essentiel : la remise en question d'un ordre international dominé par l'Occident. Ces pays refusent de s'aligner sur les sanctions occidentales.

Depuis Londres en Angleterre où fut tenue la toute première Assemblée générale, il y a 80 ans, les premiers pays de cette organisation mondiale, l’ONU, qui compte 197 pays avait pour but comme aujourd’hui la paix, l’entente mutuelle, le développement économique et scientifique, la promotion des cultures,  le tout codifié dans une Charte qui régule le système des relations internationales par le droit international. 

À ce jour, la Chine devenue puissante observe comme tous les autres pays que l’ordre mondial est de plus en plus remis en cause, les conflits armés devenant récurrents, avec plus de 52 conflits armés inter ou intra-étatiques jusqu’en 2025. Pour la paix dans un monde où la guerre des civilisations, la courses à l’arme nucléaire inquiètent plus d’une personne sur une probable 3ème guerre mondiale, il est fort intéressant de revenir sur les fondamentaux du multilatéralisme, chemin d’une culture de respect des souverainetés des États, au-delà de leur développement endogène.

Les crises sanitaires (Covid) ayant troublé les économies des pays du monde entier en 2019, le brutal réchauffement climatique planétaire, les bouleversements du mode de vie du citoyen du monde introduits par l’usage de nouvelles technologies de l’information, tous ces problèmes appellent les humains à la maîtrise de soi et surtout, à se souvenir que « l’humanité est plus forte lorsqu’elle est unie ». 

Certes que les 80 ans onusiens ne manquent pas d’avoir été partagés entre crises de légitimité et besoin de réformes historiques, l’engagement pour la paix et la défense des droits n’ont pas failli. Ce bel héritage fait ainsi partie de l’axe numéro un de la Chine par le biais de son Représentant, M. Fu Cong, désormais à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU. L’objectif est "redynamiser l'autorité de la Charte des Nations Unies" face aux tensions mondiales actuelles. Un débat public de haut niveau sur ce thème est prévu le 26 mai 2026.

 La résolution de crises de guerres dans le Moyen-Orient constitue un point important dans la dynamique de paix que veut impulser la Chine. Les Etats-Unis et l’Israël se sont lancés dans une guerre à rebondissements contre l’Iran sans l’accord de l’ONU et les conséquences sont déjà incalculables en matière de sécurité humaine, sécurité énergétique, sans oublier l’usage excessif des armes qui s’approchent des effets dévastateurs du nucléaire. Le monde va mal avec cette énième crise, après celle de l’Ukraine, du Venezuela et peut-être une prochaine à Cuba, à entendre les dernières déclarations de Donald Trump, président des Etats-Unis.  L'accent est donc à mettre sur la nécessité de calmer les tensions, de parvenir à un cessez-le-feu en Iran et au Liban, par exemple, afin de  relancer des négociations pour des solutions politiques et non militaires. Ce qui permet, en particulier, de réaffirmer la solution à deux États pour la Palestine, par exemple.

Soutenir le développement de l'Afrique est le troisième pilier à travers lequel le Représentant chinois entend s’appuyer au cours de sa mandature à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU. Malgré qu’il se présente comme un continent pivot pour le devenir de l’humanité, l’Afrique fait face à des crises armées, à des déstabilisations orchestrées par des grandes puissances du fait de leur prédation sur les matières premières les plus rares au monde dont elle dispose 35% des réserves naturelles. Encourager des solutions africaines aux conflits locaux et accroître le soutien humanitaire, soutenir le  développement industriel, s’abstenir de s’immiscer dans des questions de souveraineté des États africains sont pour le diplomate chinois, les pistes idoines susceptibles de sortir ce continent de la pauvreté, du sous-développement. Il est temps de traiter les causes profondes de l'instabilité et de la pauvreté en Afrique.

Charles de Gaulle, président français, ne disait-il pas que « la paix ne naîtra que de la paix : non point de la paix conclue après une bataille, mais de la paix débattue sans bataille et érigée en victoire définitive de l'Idée sur le sabre? »

La Chine estime que, après 80 ans de travail de l’ONU pour la paix et la promotion de valeurs humanistes dans le monde, il est temps de tourner le dos aux guerres à travers le monde pour se focaliser sur l'aide humanitaire, sur  l'éducation, la science, sur la mixité culturelle afin d’aller vers le développement durable et inclusif. Car ‘’ on ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arrière ; on ne peut la vivre qu'en regardant en avant’’. L’histoire de chaque peuple est une richesse civilisationnelle pour l’humanité. C’est la vision cardinale des Nations Unies.
La présidence chinoise au Conseil de sécurité de l’ONU intervient dans un contexte international marqué par une recrudescence des conflits. La Chine se choisit une option plus légitime face aux crises ou conflits armés: le retour attendu par tous, au multilatéralisme et au respect de la Charte de l'ONU, à l’effet d’éviter un retour à la "loi de la jungle". 

Les débats seront centrés autour de ces trois piliers à la lumière des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies, tout en cherchant des pistes idoines de résolution de diverses crises au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique.