Le monde s'enlise dans une logique de guerres de conquêtes qui a  pour dénominateurs communs la mafia, le recours à la puissance de certaines nations, le retour de la puissance pour d’autres  États qui se sont sentis « écrasés » par d’autres depuis près d’un siècle. Partout, la logique de la force semble primer sur la logique du dialogue et de la paix. Et l’Afrique dans tout ça?

Sous la forme d’un cruel choc des civilisations, nous sommes irrémédiablement entrain de vivre un siècle des chutes qui, si on n’y prend garde, basculera l’humanité vers l’inconnu, vers un monde de graves incertitudes. Le monde est-il en péril avec des guerres directes ou indirectes dont les conséquences ou dégâts s’évaluent en centaines de milliards de dollars? Au lieu de subir, puisque nous sommes irrémédiablement entrain de plonger dans une géopolitique d’intimidation, avec un droit international mis entre parenthèses, les africains ont le devoir de se choisir une option vitale : se relever en prenant des initiatives et assumer leur destin. 

Plus encore, ils ont l’obligation d’arrêter de rejeter la faute sur les peuples d'autres continents qui, eux, ont cru en leur destin. Ceux-ci ont su exploiter leurs faiblesses afin de s’extirper de l’immobilisme, de l’inintelligence, ou d’attendre tout des autres. Ils ont choisi d’aller à la conquête du monde pour dominer les autres nations ou civilisations, au prix de confrontations périlleuses. Ce fut l'objectif du commerce triangulaire (Afrique -Amerique -Europe) qui dépouilla l'Afrique de ses millions de mains valides du XVIe au XIXe siècle.

Face à ceux qui dominent par leur puissance économique, militaire, aérospatiale, aéronautique, l’Afrique doit-elle se complaire dans une sorte servilité anachronique, alors les autres nations dites puissantes, grâce à l’intelligence économique, à la guerre économique engrangent des victoires inégalées qui leur permettent de privilégier leurs intérêts au détriment de ceux des pays dits faibles?
A quand la réelle révolution industrielle, intellectuelle de l’Afrique à l’image d’une Chine qui en moins d’un siècle, a brisé le plafond de verre en tutoyant la première puissance mondiale, les États-Unis?

Les africains doivent creuser dans leurs racines traditionnelles afin de trouver des ressources susceptibles de les rendre  inventifs et se donner les moyens de créer de la valeur, du sens, dans une sorte de  diversité culturelle. Cette diversité aura pour mérite, la création d’une réelle identité civilisationnelle africaine. Sans substrat culturel, sans mode de pensée incrustée dans les réalités sociologiques africaines, sans vision horizontale et verticale, effectivement, les intentions des africains de se sortir du sous développement culturel et économique demeureront que de vaines incantations. 

Souvenons-nous que tout au long de l'histoire des civilisations du monde, les sociétés africaines ont pourtant apporté une contribution significative à l'humanité dans des domaines variés tels que la science, la technologie, l'art et la culture. Les plus anciennes civilisations africaines ont eu le mérite d’éclairer la conscience humaine universelle à plus d’un titre. Ainsi, l’on peut citer l’Égypte antique ( vers 3150 avant Jésus Christ le long du Nil). A cette époque, l’Egypte  développa une écriture appelée les hiéroglyphes, des sciences, une architecture monumentale et des dynasties influentes. Il eut aussi le Royaume de Koush ( aussi ancien que l'Égypte des pharaons, avec le centre de Kerma dès le XXVᵉ siècle avant Jésus Christ), connu pour ses riches traditions artistiques et ses pyramides.
Ces civilisations majeures, fleurons d’un humanisme avéré et les plus anciennes d'Afrique, avaient émergé le long du Nil dès le IIIe et le IVe millénaire avant notre ère. L’Afrique ne manque donc pas d’emprise mémorielle sur l’histoire de l’humanité. Il suffit aux Africains de se remettre dans une dynamique qui permettra de mieux ‘’repenser la conscience collective africaine’’ et profiter des évolutions ou involutions d’autres  peuples à travers le monde. A la différence des pays africains issus pourtant de royaumes redoutables, plusieurs nations européennes par exemple ont su maîtriser à temps les trajectoires de leur culture et traditions, de leur développement, de leurs innovations technologiques.
La pensée africaine née de ses riches civilisations existe pourtant. Alors, que faire maintenant au lieu de réclamer à corps et à cri que ‘’l’Afrique est le berceau de l’humanité’’ sans apporter quelque chose de substantielle à l’évolution de la pensée d’un monde qui malheureusement suscite incertitudes et peurs, au regard des secousses provoquées par le retour des mémoires impériales ?

Il y a pour chaque peuple, un péché mortel à ne pas commettre: ignorer de puiser dans l’histoire afin de mieux se projeter dans l'avenir. Car le risque de devenir comme « des hommes sans passé, des immémorants » est le paradoxe ironique qui nous guette tous, sans exception: africains, européens, américains, russes, chinois, etc…nous rappelle a juste titre le romancier Jean-Claude Barreau dans son ouvrage ‘’ Toute l’histoire du monde, de la préhistoire à nos jours’’ paru aux Éditions Fayard, Paris, 2016.

Les africains doivent cesser de s’accrocher à une modernité qui fabrique davantage de consommateurs-zappeurs interchangeables et de ‘’fils de pub’’ que de citoyens responsables, désireux de comprendre l’environnement mondial actuel pour mieux construire une nouvelle identité. Pour être acteur de l’histoire, chaque citoyen se doit de connaître son identité afin de façonner son destin personnel dans la grande histoire collective avec héroïsme et bon sens. 

L’heure de « Ré-veil » de l’Afrique a certainement sonné.