La farouche volonté de sortir le Congo du marasme économique, de la crise des valeurs morales par une restructuration de l’ensemble de l’appareil d’Etat est le socle du plan d’action gouvernemental d’Anatole Collinet Makosso, Premier Chef du gouvernement du Congo. Il s’est livré à cet exercice constitutionnel en engageant devant l'Assemblée nationale la responsabilité de son gouvernement.
Au-delà de la matrice originelle de la gouvernance globale qu’entend dérouler le Premier Ministre congolais sous l’impulsion de Denis Sassou N’Guesso, président du Congo, c’est toute une philosophie du développement et un leadership affirmé en matière de gestion des affaires de l’Etat qu’entend déployer Anatole Collinet Makosso. Et quand Isidore Ministre Mvouba, président de l’Assemblée nationale se convainc que ‘’l’engagement’’ pris par le Chef du gouvernement vaut une «détermination à œuvrer pour le bien-être des concitoyens congolais et [du] développement harmonieux du Congo», l’on peut structurer les perspectives liées aux vingt (20) missions du gouvernement en trois types de gouvernances qui, somme toute visent le bien-être du citoyen congolais, la relance économique, le rayonnement diplomatique. Il s’agit surtout de redonner au Congo, les outils qui lui permettent d’exister au cœur des bouleversements géopolitiques d’un monde perturbé par de relents impériaux et le retour des "puissances". Celles-ci n’ont rien à faire avec le droit international ou de la valeur ajoutée apportée par l’ONU, 80 ans de combat pour la paix et la stabilité du monde. Denis Sassou-Nguesso n’a-t-il pas eu raison d’anticiper en jouant le rôle de « chantre » de la politique africaine des temps modernes? Il revendique d’ailleurs une ‘’renaissance africaine’’, une prise en main du destin de l’Afrique dans ce monde fracturé. Il veut incarner la vision d’un panafricanisme de désenchantement pour une Afrique qui se réinvente.
Pour épouser ce pragmatisme de Denis Sassou N’Guesso et accélérer la marche vers le développement, Anatole Collinet Makosso souhaite concilier avec méthode, au plan interne d’abord, les trois dimensions philosophiques nées du programme de société de Denis Sassou N’Guesso, à savoir, le triptyque gouvernance institutionnelle et systémique, la gouvernance économique, la gouvernance sociale et solidaire.
Toutefois, comment le Premier Ministre Anatole Collinet Makosso et l’ensemble de son équipe gouvernementale entendent-ils s’inscrire dans une dynamique de salut public, d’impulsion d’un nouveau rêve d’avenir pour le Congo de demain?
Les morceaux choisis( ci-dessous) de son discours prononcé le 22 juin 2026 devant la chambre basse du Congo Brazzaville constituent en soi, des éléments programmatiques de l’action d’un gouvernement déterminé à relever les défis sociaux, en ce début de mandat de Denis Sassou N’Guesso réélu en mars 2026. Un pari à tenir quoi qu’il en coûte !
Des extraits du plaidoyer
‘’Il nous appartient de faire en sorte que l’histoire retienne de notre action non la seule vivacité de nos débats, mais la portée concrète de nos réalisations. Et pour cela, notre action doit reposer sur un corpus de valeurs, de convictions, bref sur une éthique. Car la politique est une science trop sérieuse pour être laissée aux hommes sans éthique. Éthique de convictions, éthique de responsabilité’’.
‘’C’est dire que si entre 2021 et 2026, nous sommes partis de la récession à la résilience, nous devons franchir une nouvelle étape : il nous faut partir de la résilience à la relance’’.
‘’Au cours des dernières années, notre pays a démontré sa capacité de résilience face à des chocs multiples: fluctuations des cours des matières premières, conséquences économiques de la pandémie à covid 19, tensions géopolitiques internationales, perturbations des chaînes d’approvisionnement et contraintes budgétaires. Malgré ces difficultés, les institutions ont tenu, la paix a été préservée et les grands équilibres de l’État ont été maintenus’’.
‘’Les indicateurs économiques, au moment où nous démarrons ce mandat, sont relativement favorables: un déficit primaire hors hydrocarbures à 9% contre 13,4% du P.i.b en 2020. La dette publique du Congo a diminué entre 2020 et 2025 en partant de 111,1 % du PIB en 2020, à 92,46% en 2025. De son côté, le ratio de notre dette extérieure a diminué de 26 points, en passant de 63,46% en 2020 à environ 37,32% du PIB, en 2025. La dette des traders est en voie d’apurement».
‘’L’inflation reste maîtrisée à 2,7%, le solde budgétaire de 8,5% et la balance des paiements excédentaires. La croissance économique s’est raffermie progressivement. Après une récession de -6,15 % en 2020, le taux de croissance du PIB global est reparti à la hausse’’, pour atteindre ‘’4,3% en 2025 et cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 à 5,5%, portée par la confiance des investissements privés’’.
‘’Ces résultats sont encourageants. Ils démontrent que les efforts engagés commencent à produire des fruits. Cependant, la transparence que je vous dois m’oblige à reconnaître que ce bilan comporte également des ombres. Le F.m.i l’a souligné, et nous en tirons les conséquences. Nous relevons:
• une sous-exécution des dépenses sociales et des investissements publics;
• une dette publique totale qui peine à diminuer et notamment la dette intérieure;
• une mobilisation des recettes hors hydrocarbures en deçà du potentiel;
• des réformes structurelles inachevées.
En effet, les gains attendus de la mobilisation des recettes hors hydrocarbures n’ont été que partiellement réalisés. Notre système fiscal reste complexe, poreux et inéquitable. Trop de revenus échappent encore à l’impôt, et notre administration fiscale n’a pas encore pleinement exploité les potentialités offertes par la numérisation.
Voilà pourquoi, le quinquennat 2026-2031 sera, conformément au projet de société du Président de la République, placé sous le signe de l’accélération de la marche vers le développement. Et pour accélérer cette marche, le gouvernement a fait le choix de la méthode: Il s’inscrit dans la continuité des acquis. Accélérer signifie intensifier le rythme et l’efficacité sans changer de trajectoire’’.
‘’Il vous souviendra qu’alors qu’il venait fraichement d’être proclamé vainqueur de l’élection, le Président de la République, s’exprimant devant la presse, avait déclaré je cite: ‘’Le peuple a fait sa part; c’est à nous de faire la nôtre’’, fin de citation. La nôtre, nous allons la faire en mettant en œuvre son projet de société. Celui-ci s’articule autour de dix priorités, dont la mobilisation de ressources, le capital humain, la lutte contre les dérives administratives, la relance économique, l’agriculture et l’industrie, l’emploi, les infrastructures, l’innovation, les droits sociaux et l’environnement.
S’y ajoutent six axes: sécurité, modernisation de l’administration, aménagement du territoire, commerce intérieur, tourisme et diplomatie économique. Ces orientations reposent sur quatre conditions: paix, État de droit, civisme et décentralisation. Au total, vingt missions structurent l’action gouvernementale.
Ainsi, vous l’avez compris. Le mandat dernier, c’était le temps des batailles. Il fallait tenir, sécuriser, empêcher le pays de crouler sous le poids des crises sanitaire, économique, financière. Le présent mandat, c’est le temps des missions. Il faut bâtir, livrer, changer le quotidien des congolais. En effet, il y a cinq ans, nous avons lancé 12 batailles, 12 combats pour que le Congo ne cède pas face à la crise. Ces batailles, nous les avons menées sans détour, ensemble, avec vous, avec le peuple. Et le Congo tient debout, libre et non asservi.
Aujourd’hui, un pays qui tient debout ne peut plus se contenter de survivre. Il doit se mettre à bâtir. Un peuple qui a résisté aux tempêtes demande maintenant des résultats concrets, dans son assiette, dans son salaire, dans son hôpital, sur sa route, dans l’école de son enfant. La question que de nombreux congolais sont en droit de se poser est celle de savoir si ces missions sont en lien avec leurs préoccupations quotidiennes pour lesquelles ils exigent que nous leur apportions des réponses effectives et immédiates’’.
‘’Sur quoi portent ces préoccupations? Il s’agit:
• des pénuries d’eau, d’électricité, de carburant;
• du prix des denrées alimentaires et de la vie chère;
• de la lutte contre la délinquance en zones urbaine et rurale;
• de la qualité du transport public urbain, aérien, fluvial et ferroviaire;
• de la réhabilitation et de l’entretien des routes aussi bien dans les villes que dans l’arrière-pays;
• de l’enlèvement des ordures ménagères;
• de l’apurement de la dette intérieure (sociale et commerciale);
• du paiement des arriérés et arriérages des pensions; de la régularité du versement des pensions de retraite;
• de la mise à disposition effective des fonds en faveur des structures à budget de transfert dont les établissements de santé et les universités;
• de la rétrocession des centimes additionnels aux collectivités locales;
• du paiement régulier des agents volontaires, communautaires et bénévoles de nos écoles;
• de l’amélioration de la prise en charge des malades dans les centres hospitaliers, de la prise en charge adéquate du fonctionnement de nos représentations diplomatiques à l’étranger;
• des files d’attente dans les stations de service, etc.
Cette liste non exhaustive est bien au cœur des préoccupations quotidiennes de notre peuple; elles sont pertinentes, soyez assurés et rassurés qu’elles sont également les préoccupations quotidiennes du Président de la République et de mon gouvernement’’.

