Je serai tenté d’emboîter le pas au Président Denis Sassou N’Guesso, nouvellement réélu à la tête du Congo, dans son plaidoyer sur le concept de panafricanisme qui justifie une quête, un idéal salvateur, une idéologie de conquête susceptible de métamorphoser le vécu quotidien des peuples d’Afrique.

Le panafricanisme met en exergue la survivance civilisationnelle des peuples d’origine africaine ( africains et afro-descendants). À ce propos, Panafricanisme rime avec métamorphose du monde, promotion des valeurs africaines de paix. Il est le levier d’un humanisme qui redynamise l’idée d’une culture de l’universalité, l’idée de créer des ponts entre les humains, entre les peuples, entre les nations, face aux grands défis du monde de l'époque contemporaine.

De cette perception du panafricanisme que clame haut et fort Denis Sassou N’Guesso, il revendique in fine, un long héritage séculaire de cette Afrique des profondeurs qui a permis l’émergence d’une élite ayant combattu non par les armes, mais par les idées d’émancipation des peuples, le système vicieux dit esclavage.

La traite négrière a longtemps spolié l’Afrique de ses mains valides. Elle a violé outrageusement les puissants royaumes africains et leurs riches cultures, leurs traditions pour les désarticuler et les inféoder à d’autres civilisations exagérément prédatrices. À l’heure du déclin de ces civilisations qui, hier ont fait la pluie et le beau temps de leurs peuples respectifs, Denis Sassou N’Guesso scrute l’horizon, pose des balises, alerte les africains sur la nécessité d’assumer aujourd’hui et maintenant leur destin, à se lever et à se battre pour la survie de l’identité générationnelle. Le panafricanisme scelle une sorte de contrat intergénérationnel qui peut émouvoir les consciences collectives vers la grandeur civilisationnelle de l’Afrique.  C’est celle du sens et des valeurs, encore appelée « Afrique, berceau de l’humanité ». C’est le chemin idéal pour promouvoir la paix, la démocratie populaire et les droits humains qui restent plus que jamais vitaux pour la reconquête de l'action citoyenne africaine et celle du monde.

Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, et plus proche de nous, Eugène Malonga, Tati Loutard, Henri Lopes pour ne citer que ceux-ci, ont produit de riches travaux littéraires très aboutis, ferments d’un consciencisme avéré et de réminiscence pour recréer les conditions de reprise en main du destin du citoyen africain. D’où « lorsque l’Afrique est unie et parle d’une seule voix, elle gagne », dixit Denis Sassou N’Guesso, icône de la politique africaine des temps modernes.

Qu’il nous soit permis de reprendre ou tenir ce flambeau du panafricanisme pour faire de l’Afrique un véritable levier d’humanisme, de défense des cultures et traditions, de développement et de paix face à un monde de plus dans le chaos, à cause du retour inopiné des « mémoires impériales » où la force devient un leitmotiv et annihile la force du droit international qui, 80 ans durant, a mis le monde dans la confiance que la paix est possible et elle régnera toujours.

A l’image de la Chine et possédant plus de 35% de matières premières rares au monde, l’Afrique ne peut-elle inverser la tendance en s’assumant par une reconquête du monde sur les plans économique, socioculturel, environnemental et diplomatique ? La réponse à une telle interrogation peut nous être donnée par un autre digne fils d’Afrique, en l’occurrence, Kwame Nkrumah qui dit, je cite: « Les Révolutions sont provoquées par les hommes, par des hommes qui pensent comme des hommes d’action et agissent comme des hommes de pensée». Le panafricanisme peut-il aider à changer notre logiciel mental en levier d’un développement inclusif de l’Afrique?